Ce que la CSRD change dans les faits
La directive CSRD (2022/2464/UE), pour Corporate Sustainability Reporting Directive, remplace la NFRD. Elle impose un rapport de durabilité structuré selon les normes ESRS, European Sustainability Reporting Standards. Ce rapport fait partie du rapport de gestion, donc de l'URD pour les sociétés cotées françaises.
Par rapport à la DPEF, trois éléments pèsent le plus : le caractère normé des données à publier, l'assurance par un Organisme Tiers Indépendant, et l'exigence de traçabilité qui en découle. Un rapport de durabilité CSRD se construit avec les mêmes exigences documentaires qu'un rapport financier.
Calendrier de déploiement
- Exercice 2024, publication 2025 : grandes sociétés cotées, établissements de crédit et compagnies d'assurance déjà soumis à la NFRD.
- Exercice 2025 : autres grandes entreprises répondant aux critères de taille.
- Exercice 2026 : PME cotées, avec possibilité de report jusqu'à l'exercice 2028.
Ce calendrier fait l'objet d'ajustements au niveau européen. Le point de vigilance pratique reste inchangé : la structuration des données de collecte prend plus de temps que la rédaction du rapport.
De l'analyse de périmètre à la revue de l'OTI
- Analyse du périmètre applicable. Identification des entités concernées, calendrier d'entrée en vigueur, articulation avec les reportings existants, DPEF et rapport annuel.
- Paramétrage du module ESG Workiva. Configuration des structures de collecte, mapping ESRS, connexion avec Wdesk pour l'intégration dans le rapport de gestion.
- Structuration des données et des permissions. Organisation des indicateurs par thème ESRS, flux de collecte, contrôles, droits et circuits de validation entité par entité.
- Automatisation. Connexion des sources existantes, requêtes SQL via Wdata, réduction de la saisie manuelle, principal facteur d'erreur sur un périmètre multi-entités.
- Intégration au reporting financier. Cohérence entre les données extra-financières et les notes aux états financiers, sourçage unique des indicateurs partagés.
- Préparation de l'assurance. Constitution des éléments documentaires attendus par l'OTI : piste d'audit, justification des méthodes, traçabilité de chaque indicateur jusqu'à sa source.
Le module ESG de Workiva
Le module ESG de Workiva centralise la collecte des données de durabilité, les structure selon le référentiel ESRS et les pousse dans les documents Wdesk publiés. Il conserve le lien entre la donnée source et le texte final, ce qui porte l'essentiel de la valeur dans un contexte d'assurance limitée.
Sur un groupe de plus de 29 000 collaborateurs, nous avons monté cette architecture de bout en bout : 90 entités sociales, 40 entités environnementales, plus de 100 contributeurs coordonnés. Le nombre d'indicateurs pèse peu. La difficulté tient aux droits, aux circuits de validation et à la reprise des écarts d'une entité à l'autre.
Collecte
Formulaires structurés par ESRS, workflow de validation par entité et par niveau, consolidation automatique vers les tableaux publiés.
Publication
Lien direct entre la donnée collectée et le texte du rapport. Une correction à la source se propage dans toutes les occurrences.
Quatre points à traiter tôt dans le cycle
La double matérialité conditionne tout le reste
L'analyse des impacts, risques et opportunités détermine le périmètre des informations à publier. Une méthodologie documentée sécurise la revue de l'OTI. Cette analyse se conduit avant la structuration de la collecte, de sorte que les données recueillies couvrent exactement le périmètre retenu.
La transition depuis la DPEF demande une refonte de la collecte
Pour les sociétés qui publiaient une DPEF, la collecte se reconstruit sur la logique des ESRS. Ces normes reposent sur des datapoints normés, ce qui appelle une structure de collecte propre dès le premier exercice.
Les exigences documentaires sont proches d'un audit financier
L'OTI attend une piste d'audit : d'où vient le chiffre, qui l'a saisi, qui l'a validé, quelle méthode de calcul a été appliquée, quelles hypothèses ont été retenues. Une collecte outillée conserve cette piste au fil des saisies et des validations.
Les indicateurs ESG sont réconciliés avec les états financiers
Plusieurs indicateurs ESG dépendent de données financières : part du chiffre d'affaires alignée sur la taxonomie européenne, effectifs, dépenses d'investissement. Ils doivent se réconcilier avec les états financiers. Configurer les deux périmètres ensemble permet de tenir cette réconciliation en continu, à partir d'un point de données unique.
Un environnement unique pour les deux rapports : sur un acteur de la transformation urbaine bas carbone, l'URD et le rapport de durabilité sont produits dans le même environnement Workiva. Nous avons couvert plus de 10 entités, 40 utilisateurs et l'intégration de l'API de leur outil pour les données environnementales. Les données partagées entre les équipes finance et RSE proviennent d'une source unique, tenue tout au long du cycle. Lire le retour de terrain.