Rapport de durabilité, directive (UE) 2022/2464

CSRD et ESG dans Workiva : structurer la collecte avant de rédiger

Des dizaines d'entités contributrices, des permissions à tenir, une piste d'audit à produire pour l'OTI, des données à réconcilier avec l'URD. Le module ESG de Workiva tient cette chaîne, du formulaire de collecte au rapport de durabilité intégré à l'URD.

Cadre
Directive (UE) 2022/2464, normes ESRS
Périmètre
ESRS 1 et 2, E1 à E5, S1 à S4, G1
Assurance
Assurance limitée par un OTI
Outil
Workiva, module ESG et Wdata

Ce que la CSRD change dans les faits

La directive CSRD (2022/2464/UE), pour Corporate Sustainability Reporting Directive, remplace la NFRD. Elle impose un rapport de durabilité structuré selon les normes ESRS, European Sustainability Reporting Standards. Ce rapport fait partie du rapport de gestion, donc de l'URD pour les sociétés cotées françaises.

Par rapport à la DPEF, trois éléments pèsent le plus : le caractère normé des données à publier, l'assurance par un Organisme Tiers Indépendant, et l'exigence de traçabilité qui en découle. Un rapport de durabilité CSRD se construit avec les mêmes exigences documentaires qu'un rapport financier.

Calendrier de déploiement

  • Exercice 2024, publication 2025 : grandes sociétés cotées, établissements de crédit et compagnies d'assurance déjà soumis à la NFRD.
  • Exercice 2025 : autres grandes entreprises répondant aux critères de taille.
  • Exercice 2026 : PME cotées, avec possibilité de report jusqu'à l'exercice 2028.

Ce calendrier fait l'objet d'ajustements au niveau européen. Le point de vigilance pratique reste inchangé : la structuration des données de collecte prend plus de temps que la rédaction du rapport.

De l'analyse de périmètre à la revue de l'OTI

  • Analyse du périmètre applicable. Identification des entités concernées, calendrier d'entrée en vigueur, articulation avec les reportings existants, DPEF et rapport annuel.
  • Paramétrage du module ESG Workiva. Configuration des structures de collecte, mapping ESRS, connexion avec Wdesk pour l'intégration dans le rapport de gestion.
  • Structuration des données et des permissions. Organisation des indicateurs par thème ESRS, flux de collecte, contrôles, droits et circuits de validation entité par entité.
  • Automatisation. Connexion des sources existantes, requêtes SQL via Wdata, réduction de la saisie manuelle, principal facteur d'erreur sur un périmètre multi-entités.
  • Intégration au reporting financier. Cohérence entre les données extra-financières et les notes aux états financiers, sourçage unique des indicateurs partagés.
  • Préparation de l'assurance. Constitution des éléments documentaires attendus par l'OTI : piste d'audit, justification des méthodes, traçabilité de chaque indicateur jusqu'à sa source.

Le module ESG de Workiva

Le module ESG de Workiva centralise la collecte des données de durabilité, les structure selon le référentiel ESRS et les pousse dans les documents Wdesk publiés. Il conserve le lien entre la donnée source et le texte final, ce qui porte l'essentiel de la valeur dans un contexte d'assurance limitée.

Sur un groupe de plus de 29 000 collaborateurs, nous avons monté cette architecture de bout en bout : 90 entités sociales, 40 entités environnementales, plus de 100 contributeurs coordonnés. Le nombre d'indicateurs pèse peu. La difficulté tient aux droits, aux circuits de validation et à la reprise des écarts d'une entité à l'autre.

Collecte

Formulaires structurés par ESRS, workflow de validation par entité et par niveau, consolidation automatique vers les tableaux publiés.

Publication

Lien direct entre la donnée collectée et le texte du rapport. Une correction à la source se propage dans toutes les occurrences.

Quatre points à traiter tôt dans le cycle

La double matérialité conditionne tout le reste

L'analyse des impacts, risques et opportunités détermine le périmètre des informations à publier. Une méthodologie documentée sécurise la revue de l'OTI. Cette analyse se conduit avant la structuration de la collecte, de sorte que les données recueillies couvrent exactement le périmètre retenu.

La transition depuis la DPEF demande une refonte de la collecte

Pour les sociétés qui publiaient une DPEF, la collecte se reconstruit sur la logique des ESRS. Ces normes reposent sur des datapoints normés, ce qui appelle une structure de collecte propre dès le premier exercice.

Les exigences documentaires sont proches d'un audit financier

L'OTI attend une piste d'audit : d'où vient le chiffre, qui l'a saisi, qui l'a validé, quelle méthode de calcul a été appliquée, quelles hypothèses ont été retenues. Une collecte outillée conserve cette piste au fil des saisies et des validations.

Les indicateurs ESG sont réconciliés avec les états financiers

Plusieurs indicateurs ESG dépendent de données financières : part du chiffre d'affaires alignée sur la taxonomie européenne, effectifs, dépenses d'investissement. Ils doivent se réconcilier avec les états financiers. Configurer les deux périmètres ensemble permet de tenir cette réconciliation en continu, à partir d'un point de données unique.

Un environnement unique pour les deux rapports : sur un acteur de la transformation urbaine bas carbone, l'URD et le rapport de durabilité sont produits dans le même environnement Workiva. Nous avons couvert plus de 10 entités, 40 utilisateurs et l'intégration de l'API de leur outil pour les données environnementales. Les données partagées entre les équipes finance et RSE proviennent d'une source unique, tenue tout au long du cycle. Lire le retour de terrain.

FAQ

Questions fréquentes

Quelles entreprises sont concernées par la CSRD et à partir de quand ?

Les grandes sociétés cotées déjà soumises à la NFRD publient depuis l'exercice 2024. Les autres grandes entreprises, cotées ou non, dépassant deux des trois seuils de taille suivent à partir de l'exercice 2025. Les PME cotées sont concernées à partir de l'exercice 2026, avec une possibilité de report.

Ce calendrier fait l'objet d'ajustements au niveau européen dans le cadre des travaux de simplification. Le conseil pratique reste le même : la structuration de la collecte doit démarrer un exercice avant la première publication.

Quelle est la différence entre la DPEF et le rapport de durabilité CSRD ?

La DPEF laissait une large liberté de format et de contenu, avec une vérification limitée. Le rapport de durabilité CSRD repose sur des normes détaillées, les ESRS, qui définissent des datapoints précis à publier, et fait l'objet d'une assurance par un Organisme Tiers Indépendant.

En pratique, la conséquence principale est la traçabilité : chaque indicateur doit pouvoir être remonté jusqu'à sa source avec la méthode de calcul et les hypothèses. C'est ce qui impose de structurer la collecte dans un outil qui conserve l'historique des saisies et des validations.

Faut-il un outil dédié ou peut-on rester sur Excel ?

Sur un périmètre restreint, quelques entités et un nombre limité d'indicateurs, Excel reste praticable pour un premier exercice. Au-delà, deux sujets deviennent structurants : la consolidation des retours et la piste d'audit attendue par l'OTI.

Le seuil de bascule se situe généralement autour de vingt à trente entités contributrices, ou dès lors que les mêmes indicateurs alimentent plusieurs documents.

Comment articuler le rapport de durabilité et le rapport financier ?

Les deux figurent dans le même document, l'URD, et partagent un certain nombre de données : chiffre d'affaires, effectifs, périmètre de consolidation, investissements. La bonne pratique est de définir un point de données unique pour chaque indicateur partagé, alimenté depuis la source financière et repris par référence dans le rapport de durabilité.

C'est un choix d'architecture qui se fait à la configuration. Rattraper ce point après une première publication impose de reprendre la structure de collecte.

Qu'attend précisément l'Organisme Tiers Indépendant ?

Dans le cadre de l'assurance limitée, l'OTI vérifie que le processus de collecte est fiable et que les informations publiées sont cohérentes avec les données sous-jacentes. Il attend une piste d'audit documentée : origine de la donnée, personne responsable de la saisie, circuit de validation, méthode de calcul, hypothèses retenues.

Il examine également la méthodologie de l'analyse de double matérialité, qui justifie le périmètre des informations publiées. C'est le point sur lequel les réserves sont les plus fréquentes lors des premiers exercices.

Le rapport de durabilité doit-il être balisé en XBRL ?

Oui. Le règlement ESEF prévoit le balisage des informations de durabilité selon la taxonomie ESRS, dans le même document que les états financiers. Le calendrier d'application de cette obligation a fait l'objet d'aménagements, mais la direction est fixée.

Concrètement, cela signifie que la chaîne de production doit gérer deux périmètres de balisage dans un même fichier. C'est un argument supplémentaire pour configurer les deux rapports dans le même environnement. Voir la page ESEF.

Prendre contact

Une collecte ESG à structurer ?

La collecte se structure un exercice avant la première publication. Premier rapport, périmètre qui s'élargit ou piste d'audit à reprendre : le sujet se traite maintenant.

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